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Séminaire à Hertogenbosch, Pays Bas

 

Cette semaine, j’étais donc aux Pays-Bas pour suivre un séminaire dans le cadre d’Erasmus +. L’objectif premier était surtout de rencontrer des acteurs sociaux de nombre de pays européens afin de créer un réseau partenarial incontournable pour la création de projets dans le domaine de la jeunesse et de l’emploi. En cela, le séminaire a largement répondu à mes attentes. J’y ai fait de belles rencontres humaines, j’ai surtout apprécié la gentillesse des hollandais, mais ai désormais des contacts dans beaucoup de pays nordiques. Ce que je vais en faire au niveau de l’association est une autre affaire, il va falloir dégrossir tout çà et évoluer en fonction des émulations de chacun.

J’ai beaucoup aimé les Pays-Bas. La ville d’Hertogenbosch est belle, calme, verdoyante, où la voiture ne dérange pas le quotidien car remplacée par le vélo. Le musée avec une mise en valeur des œuvres de Jheronimus Bosch était magnifique.

Sur le chemin du retour, je me disais qu’il serait bon d’envisager ma future retraite dans un endroit similaire. Calme mais accessible au niveau culture. Irrémédiablement, j’ai pensé à la ville d’Avignon que j’avais adoré, véritable coup de cœur. Vivre dans le calme, entourée de pierres protectrices, d’eau et de parcs, en pouvant profiter de la culture à foison tout en continuant à pouvoir participer à des associations locales, voilà la retraite dorée que j’envisagerais..

Mais ce n’est pas encore d’actualité. J’ai retrouvé ma cité et ses difficultés de vie (un jeune que je connaissais s’est fait poignarder à 7 reprises il y a deux jours, il s’en sortira, mais comment…). Cela peut paraitre incompréhensible mais j’aime infiniment mon travail, ce qui l’entoure. Je me sens privilégiée de donner sens à mon existence chaque jour qui se lève. Je remercie la vie pour ce chemin exceptionnel qui m’enrichit énormément.

J’aurais sans doute mérité une retraite comme je l’envisage dans une quinzaine d’années… Et mes voyages comme celui-ci me le dessinent d’une certaine manière…

 

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Croire en soi

574485_2349313148446_1224628537_n *

Depuis quelques mois, je retrouve presque chaque soir des amis de 70 ans sur le quai en bas de chez moi. Nous nous sommes rencontrés par chiens respectifs (ou presque) et prenons plaisir à vivre cette petite heure quotidienne. Les mauvais jours qui arrivent vont certainement modifier cette petite routine prise, mais qu’importe, je suis reconnaissante de le vivre, ici et maintenant. Converser avec eux me fait du bien, ils m’apportent un échange mature que je n’ai pas au travail, puisque mon environnement professionnel est constitué majoritairement de jeunes animateurs. Me retrouver avec eux est d’autant plus salutaire actuellement, que ma nouvelle fonction de coordinatrice a généré des jalousies et tensions que je dois gérer avec patience et détermination.

Malgré nos différences, nous nous apprécions. J’aime les écouter parler de leurs vécus et connaissances dans des domaines qui me font défaut (jardinage..). Mais encore une fois, je me sens comme une OVNI, moi qui ai choisi le chemin de la spiritualité comme axe central de l’existence. Mais ce n’est pas grave, je commence à avoir l’habitude. Cela ne me déstabilise plus. Ce que je deviens grâce à ce travail introspectif et ce rapprochement au Divin m’apporte tellement que rien ne peut désormais l’altérer. Je ne ressens pas le besoin de le partager à grands renforts de détails non plus. Cette connaissance de soi me permet simplement d’exprimer de temps à autre des ressentis sur l’attitude à adopter face à une situation, mais je le fais toujours avec distanciation, en n’imposant rien et surtout, en ne jugeant pas. J’apprends au quotidien à ne plus juger ni critiquer dans mon for intérieur en « attrapant » au vol ces mille et une pensées, en les regardant pour ce qu’elles sont et en réalisant qu’elles sont erronées et infondées.

Hier soir, l’un de mes amis racontait ses années de vie à Hawai. Coincidence amusante : il y a quelques jours, j’ai trouvé dans la bibliothèque de dons de livres près de chez moi, un essai parlant de la méthode Ho’oponopono. Je leur disais m’y atteler depuis quelques jours (cette méthode consiste à identifier les pensées comme étant des mémoires erronées et à être « désolé » de polluer ainsi notre divinité intérieure, en demandant à notre sacré de nous pardonner, de le remercier et de l’aimer). Habituellement, je ne leur raconte pas trop ce chemin spirituel, je les écoute parler, juste heureuse d’être avec eux mais là, je trouvais cette synchronicité trop belle pour être tue. Leur réaction fut rapide : « Tu ne crois quand même pas à ces choses là !! »

J’ai souri et me suis tue. Je n’étais même pas blessée.

Il y a quelques années encore, j’aurais été soit vexée, soit en proie à des doutes sur mes goûts et orientations.

Mais voilà : aujourd’hui, je ne doute plus du tout : le chemin de la connaissance de soi à travers le Divin est ce qui me porte et donne sens à mon existence. Comme je n’ai pas l’âme gourou et ne cherche pas à « m’allier à des semblables », cela m’importe peu d’être seule sur ce chemin.  Et même si aujourd’hui, je ne concevrais pas de juger quiconque sur ses choix, je ne m’offusque plus des railleries et autres avis directifs. Car en disant cela, il ne s’agissait pas de moi, mais des croyances et valeurs de la personne émettrice. J’ai appris à comprendre que les paroles d’autrui ne nous révèlent pas et ne nous appartiennent pas.

Pourquoi ai-je décidé d’en faire un article ce matin ? Parce que cet échange m’a fait réaliser à quel point j’avais changé, que je m’étais fortifiée. Je me déleste du jugement, de la critique, des conditionnements et des impositions. Je le fais en douceurs, sans bruits, sans rejets ni exil.

Ce chemin vers le Divin en moi est tellement lumineux et porteur qu’il me transcende malgré les obstacles et la « solitude ». Parce qu’en fait, je ne me suis jamais sentie aussi en phase avec ce qui me constitue réellement, ce qui m’a créée. Et par conséquent, je ne connais plus ce sentiment de « séparation » et de « solitude ».

Ce soir, je retrouverais mes amis, comme je vais retrouver mes relations professionnelles cet après-midi. Je ne cherche plus à « être aimée ni comprise », mais simplement à pouvoir évoluer avec eux, en toute quiétude, sans me dénaturer.

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*La photo montre le port de Locmaria à Groix, ce n’est pas où je me trouve actuellement mais, j’y allais souvent avec mes grands-parents pour « leur balade digestive », ce qui m’a sûrement donné le goût de ces promenades…

 

 

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Leçon karmique

200341_1320208781480_702211_n Je pensais naivement que ma nouvelle fonction de coordinatrice allait être acceptée sans encombres. Mais je me trompais. Cette semaine, j’ai réalisé combien cela avait créé des distances, des froids et même des médisances… Mercredi dernier, j’apprenais que l’intervenante en Maths, reine du gossip de cité, allait être reconduite, faute de candidatures nouvelles (les gens rechignent à venir travailler en cité, nos recrutements sont laborieux). J’étais donc d’humeur assez tendue, même si j’accusais le coup avec professionnalisme. Mais en fin de soirée, il a suffi d’un petit rien pour que ma « grenade de complaisance » se dégoupille en moins de deux. En surprenant une animatrice en train de me critiquer auprès de la référente du Pôle enfance, j’ai vu rouge et j’ai senti l’émotion m’envahir même si je me suis retenue comme une baudruche. J’ai quand même demandé des comptes assez sèchement. Il en fallut peu pour créer une affaire d’état. J’avais un peu perdu mon sang froid et avais par conséquent donné le bâton pour me faire battre. Je me suis donc retrouvée à en discuter dans le bureau de mon directeur. Heureusement que nous nous apprécions énormément et savons parler avec objectivité. Mais n’empêche, je me sentais fragilisée à avoir été (gentiment) cataloguée de personne « qui prend trop les choses à cœur ».

Cet incident, minime et qui n’entache en rien ma volonté de bien faire mon travail, m’a quand même fortement ébranlée intérieurement et j’ai passé la semaine interloquée de constater combien mes « chakras pouvaient être remisés » si facilement encore malgré mon travail introspectif. En quittant le bureau jeudi, une collègue m’a dit avec bienveillance « Ce qui t’arrive prouve que tu n’as pas encore appris une leçon, et cela te reviendra tant que cela ne sera pas intégré. » Elle avait raison bien sûr. Pendant ma balade du soir, je me mis (enfin) à essayer de comprendre pourquoi j’avais réagi ainsi en tombant sur une « messe basse assassine ». Et tout d’un coup, l’évidence : ma mère. J’ai passé mon enfance à subir ses moqueries, regards en coin, rabaissements. J’ai bataillé pour sa reconnaissance en étant la première de la classe, en jouant des premiers rôles en danse, théâtre (en vain, elle ne venait jamais à mes galas). Adolescente, j’étais régulièrement mortifiée car la fratrie, ayant grandi, se moquait en chœur à la moindre parole émise. J’ai vécu 17 ans en apnée, sans réel amour, et mes 20 ans, je les ai passés loin et seule aux Etats-Unis, chargée de colères, d’émotions vives. Et pourtant, tel était mon karma. Je sais aujourd’hui que l’une de mes leçons de vie principale est la gestion du regard de l’autre. Mais, j’ai tardé à apprendre la leçon. Alors, j’ai été mère d’un enfant dont la maladie de tics en faisait une proie de moqueries. Au lieu de le fortifier, je l’ai fragilisé en agissant comme Don Quichotte, et en « faisant tout pour lui » dans nos moments intimes, ce qui l’a rendu capricieux et nombriliste. Aujourd’hui, il a un chemin de croix à gravir dont je suis en partie responsable. Un de mes amis m’a néanmoins rassurée en me rappelant que je lui avais donné le goût d’apprendre et de Savoir, une « arme » de premier choix pour l’aider à affronter ses démons.

Toutes mes expériences de vie ont essayé de m’amener à me connaître afin de reconstruire ce qui avait été lapidé enfant : l’amour de soi. Mais je ne comprenais pas le travail que j’avais à faire. C’est pourquoi, j’ai reçu tant et tant de leçons. La plus brutale fut sans doute le départ de mon fils. Cette douleur me permit de débuter mon travail introspectif sérieusement.

Je dois donc m’atteler à me dégager de cette fatalité qui dirige mon existence. Pour cela, je dois identifier l’émotion comme une conséquence d’un déclencheur me renvoyant à ce manque de considération, mais qui n’a rien à voir avec le présent. Un peu comme une hypnotique qui agirait après un mot dit. Apprendre à me distancier et à regarder passer l’émotion qui existe dans les blessures du passé.

Je sais que je vais y arriver. J’ai déjà fait énormément de chemin. J’ai pardonné à ma mère. Me suis pardonnée. Ne recherche pas l’amour mais essaie de le diffuser en moi.

Cette mésaventure m’a confortée aussi à effectuer mon travail de manière plus détachée. En faisant le deuil de ne plus « être dans les petits papiers-confidences » de l’équipe d’animateurs jeunes. Mais est-ce que cela me dérange tant que çà ? A vrai dire non. La maturité aidant, je dois passer à autre chose. La vie me le montre si bien. J’ai depuis quelques temps l’habitude de me retrouver chaque soir avec trois personnes à la retraite sur un banc devant la mer, et nous rions, parlons jusqu’à l’heure du coucher. C’est avec eux que j’ai envie de partager un peu d’intimité. Pas avec les employés de 20 ans de l’association.

Il est certain que je sortirai grandie d’avoir compris cette leçon karmique : S’aimer de manière inconditionnelle, c’est ressentir de la compassion pour ceux qui errent sur ce chemin de l’amour de Soi. Et trouver la Paix quoiqu’il arrive.

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Faire de son mieux, dans la joie

66508398_3284760294871104_3980203548196470784_n Je reviens de la sortie pipi canine du matin. Confiante, j’y étais allée avant le petit déjeuner. Mais voilà, j’y ai croisé quelques voisins, l’une terrifiée par la vie et l’autre baignant dans la victimisation depuis son accident de jambe. Je suis remontée assez estomaquée par tant d’ondes négatives, comme sonnée, pour m’apercevoir que je suis d’ores et déjà à des années lumière de leur mode de fonctionnement mental.

En effet, mon travail introspectif m’a fait réaliser combien je vivais auparavant, à l’instar des gens croisés ce matin, dans un monde « parallèle », celui de l’illusion créée par le mental : « Il ne m’a pas appelé, elle me fuit, il va lui arriver malheur.. » etc etc.. toutes ces pensées alimentées par l’ego qui se repaissent de nos peurs originelles et créent ainsi un monde totalement illusoire, ayant malheureusement des conséquences sur l’existence (effet miroir).

Peu à peu, je m’en suis dégagée et je peux affirmer aujourd’hui être sur la bonne voie. Quand je commence à vouloir me demander « ce qu’il ou elle pense », « pourquoi cela, » etc.. je me secoue littéralement la tête et crie dans mon for intérieur « STOP ». Et çà marche. Libérée de tous ces poisons illusoires, je réalise combien la réalité est merveilleuse, magique, mystérieuse, et que l’on peut s’y mouvoir en toute confiance car portés par une Force divine tellement supérieure.. Les aléas de la vie sont inévitables car nous ne sommes pas immortels mais nous avons le choix de les affronter avec pragmatisme et objectivité. Chaque épreuve peut modeler l’existence vers l’amour (l’entraide par exemple). Au contraire, les illusions mentales nous éloignent de l’autre, de sa capacité naturelle à tendre la main. A force de nous positionner comme victime incomprise, nous érigeons des miradors qui éloignent l’amour.

Dans mon travail introspectif, je m’attèle beaucoup au non-jugement et à la non critique. En attrapant mes pensées « au vol », je m’aperçois qu’effectivement, notre mental pullule de ces conceptions vaines et fausses. Les effacer totalement est illusoire car nous sommes ainsi composés, mais les arrêter en les confrontant à leur stérilité est un travail payant. Je me sens de plus en plus libérée et donc, paradoxalement ancrée dans la réalité.

En me débarrassant de l’illusion, je deviens de plus en plus neutre face aux choix, goûts, désirs de chacun. « Si tel est leur souhait, alors, je suis heureuse pour eux ». Sans jugement, je ressens de la réelle compassion. Je me sens apaisée et sereine, confiante.

Ce qui me porte vers ce travail introspectif est de constater en récolter les fruits abondamment. Ma vie change considérablement et me porte vers un équilibre qui me ressemble. Par exemple, je m’épanouis considérablement dans mon travail, et cela est payant : j’ai eu un avancement ce mois-ci et suis officiellement la coordinatrice des activités éducatives de l’association.

Alors, bien sûr, je m’attèle à « Faire de mon mieux, dans la joie », pas seulement pour en bénéficier. Cet équilibre me relie à l’Univers, et j’ai cette intime conviction que ce que j’y construis a des effets bénéfiques autour de moi, qui pourront se décliner à l’infini. J’ai aussi conscience que ce travail demande de la persévérance et de la patience. De l’indulgence aussi car ce que nous tentons de faire demande régulièrement du lâcher prise et des réajustements.

Mais quoiqu’il advienne, mon credo est désormais « Faire de son mieux, dans la joie » comme me l’a suggéré depuis longtemps ce cher Spinoza.

Il y a tant de belles choses à dire et à écrire sur la vie qu’il est absolument insensé de perdre son temps à se lamenter sur les mauvaises.

François Gervais

 

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L’attachement est une prison, l’amour la liberté

69162118_3388380831175716_3921783364381573120_n Le précepte bouddhiste selon laquelle l’attachement n’est pas de l’amour et qu’il faut travailler sur le non-attachement m’a longtemps laissée circonspecte. Mais au fil des années d’introspection et de cheminement sur ce que j’appellerais « la Voie », j’ai peu à peu commencé à appréhender ce concept comme une Vérité même s’il semble difficilement applicable au prime abord.

Peu à peu, je me suis délestée de l’attachement aux biens matériels. Quand je me suis retrouvée seule il y a 20 ans, mes parents m’ont fait ce qu’il semblait être un cadeau inestimable (car malgré tout, ils ne roulent pas sur l’or) : ils m’ont acheté une voiture. Je ne le leur avais rien demandé, ils ont choisi pour moi et j’ai reçu cet objet volumineux par affrêtement de train. En deux secondes, en allant à la gare routière, je me retrouvais propriétaire de ce bien matériel complexe et onéreux. Le poids de son entretien s’est abattu irrémédiablement sur moi.

Et ainsi alla ma vie des années durant…Ma relation familiale  était alors basée sur le « besoin » matériel. Mes doutes, mes questionnements étaient traduits systématiquement par ma mère comme un manque financier, le paradigme qui a régi sa vie. Elle pensait pallier ma détresse en m’envoyant de l’argent et des colis. Je vivais alors 5 mns de délivrance, heureuse de pouvoir acheter une paire de baskets à mon fils et puis, ma souffrance intérieure reprenait le dessus. J’étais dépendante de la solution extérieure pour résoudre mes problèmes et restais malheureuse car je me sentais en « prison mentale ». L’amour basé sur la peur du manque dispensé par ma mère ne m’aidait pas du tout, car créait un sentiment de culpabilités, de devoir lui en être redevable en essayant d’être heureuse. Pourtant, à l’époque, je travaillais et avais sensiblement le même salaire qu’aujourd’hui. Mais je ne m’en sortais pas. J’allais voir régulièrement une assistante sociale qui un jour, agacée de me voir patauger, m’avait blessée en me disant : « Quand allez-vous vous prendre en mains? » J’avais alors été outrée dans mon cercle infernal de victimisation : « Comment osait-elle être aussi cruelle avec une mère célibataire d’un enfant atypique? » et j’arrêtais d’aller la voir, commençant effectivement à penser différemment.

Aujourd’hui, je comprends, et après avoir eu honte de mes propres ignorances, j’en suis arrivée au stade où je suis simplement heureuse et reconnaissante d’avoir su comment gérer ma vie : plus je me détache du matériel, plus mon existence est pourvue de tout ce dont j’ai besoin pour vivre. Parce que j’ai accepté de ne pas en être prisonnière et  de n’acheter que ce qui m’est utile, en seconde main de préférence, de manger une nourriture saine et simple, loin de tout produit industriel, de me déplacer avec mes deux pieds et en transport en commun etc… Je vois les gens de ma génération subir parfois une vie qu’ils détestent (dans le travail notamment) parce qu’ils ne démordent pas de leurs objectifs : acheter une maison pour la retraite, pouvoir « voyager » et donc faire partie de ce cercle convoité de personnes « qui ont réussi leur vie » selon les dogmes consacrés. Les autres, ceux qui rament tellement qu’ils oscillent entre boulots mortifères et chômage attentiste prolongé, se disent « à quoi bon, j’aurais la retraite minimum et des aides ». Et pourtant, qui connait l’avenir, de ce que l’Etat pourra pourvoir, de notre santé etc.. ? C’est pourquoi, je m’attache à la modération, la sobriété, à la santé mentale et physique pour que ce chemin de vie, quelque soit sa durée soit paisible. Je crée mon avenir sans le rigidifier. Etant détachée du regard des autres, je n’aurais aucune gêne à simplement Etre. Oui, je ne possèderais rien et ne laisserais pas une maison à mon fils qu’il s’empresserait de vendre, mais j’aurais cheminé vers l’amour de soi et de la Vie.

Concernant l’attachement affectif, la leçon du non-attachement fut plus rude, comme si la vie voulait vraiment que je l’acquiers à tout prix afin de m’éveiller au véritable chemin de l’amour de mon vivant.

J’ai perdu mon père à 17 ans. Je l’ai vécu comme une injustice, et m’en suis victimisée des décennies, jusqu’à comprendre que j’étais totalement passée à côté de son existence, de ce qu’il ressentait, de ses manques et ignorances, afin de pouvoir, après le temps du deuil et de la tristesse, ressentir de la vraie compassion pour lui, et de le laisser..partir.

En essayant « d’être aimée » par un homme, je me suis aperçue de mon comportement egocentrique outrancier et aujourd’hui, je trouve cette quête des plus absurdes.

C’est surtout le départ brutal de mon fils, comme une énième leçon (décidément, je n’ai jamais été abandonnée sur le chemin de l’Eveil..) qui m’a enfin fait accéder au concept du non-attachement : en me libérant de cet attachement, j’ai accédé enfin au véritable amour : être heureuse pour lui, lui souhaiter le bonheur, exclusivement comme il le conçoit LUI.

Le non attachement ne veut pas dire aimer personne ou tout le monde. Mais il permet d’accepter la vie comme elle se présente tout en étant responsable de ses choix : je ne peux pas sauver tous les animaux de la Terre, mais je peux faire en sorte d’offrir une belle vie à ceux qui partagent mon quotidien.

Le non attachement permet de voir avec lucidité comment dispenser l’amour dans l’Ici et Maintenant, et non pas « en attendant de retrouver un homme ». C’est maintenant que j’aime et respecte tous ceux qui croisent mon chemin.

Alors, bien sûr, ceux qui jalonnent mon quotidien ont une place particulière dans mon existence. Mais j’accepte qu’ils n’en fassent plus partie le cas échéant aussi.

Beaucoup de gens, par exemple, ayant perdu un chien qu’ils ont aimé me disent avoir été incapables de réadopter après le décès de leur compagnon à 4 pattes.

Quand Marley s’en ira, je serai immensément triste. Mais j’accepterai et n’hésiterai pas à aider à nouveau, car tel est le propos de la vie : Faire de son mieux. Par exemple, tout l’été, je me suis occupée d’un coq laissé à l’abandon en bas de chez moi. Un véritable amour s’était installé entre nous, je n’ai pas eu peur de l’aimer. Il courait vers moi en me voyant arriver et j’avais un véritable plaisir à le nourrir. Depuis quelques jours, je ne le vois plus. Et bien, j’accepte ce qui Est, sans imaginer quoique ce soit, ce qui compte, c’est de lui avoir donné de l’amour et de l’attention tant que la vie me le permettait.

Alors, oui, je ressentirais de la tristesse encore malgré ma perception profonde du non-attachement. Mais pas de l’injustice ni de la colère ou de la victimisation. Il y aura des temps de deuil et ma conception du non attachement m’aidera à accepter ce qui est et à dispenser de l’amour sans m’effondrer.

Ce concept pourrait facilement s’expliquer sur des pages entières. Mais il se vit surtout.

Alors, même s’il est difficilement concevable pour la majorité des gens, j’Ose affirmer : l’attachement est une prison pour Soi et les autres, l’amour sans attachement offre la liberté à la Vie, lui redonnant toute sa quintessence merveilleuse.

 

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Et si c’était la dernière fois ?

L’image contient peut-être : personnes assises, chien et plein air

L’Ici et Maintenant est sans aucun doute le seul moment à Vivre car là est l’unique réalité. Etant contemplative de nature, je n’ai pas trop de mal à m’y atteler. Mais j’utilise souvent mes yeux dans la concentration de l’esprit plutôt que le coeur dans son élan.

Depuis quelques temps, je vis l’Ici et Maintenant intensément. J’ai trouvé un truc qui marche très bien pour moi, mais je peux comprendre qu’il ne s’adapte pas à tous et puisse être douloureux pour certains.

Mais ayant intégré bon nombre de réalités comme l’impermanence de Tout ( de notre quotidien, des gens qui nous entourent, de notre corps qui change chaque matin qu’on le veuille ou non ), j’arrive à pratiquer « ce truc » sans en souffrir.

Depuis quelques temps donc, je me pose régulièrement cette question:

« Et si c’était la dernière fois ? »

« Et si c’était la dernière fois que je me baladais avec Marley ? »

« Et si c’était la dernière fois que je partageais un café avec mon fils? »

« Et si c’était la dernière fois que j’envoyais un message à ma mère? »

« Et si c’était la dernière fois….. ?

Cette question nous transporte immédiatement dans une autre dimension, celle de l’amour. Car les dernières fois, on n’a pas envie qu’elles soient moches. On les imagine toujours exceptionnelles (si nous avions le pouvoir de savoir).

Alors, faisons comme si c’était la dernière fois. Chaque minute y sera un vrai bonheur, une joie, chaque mot important. Tout don de soi sera alors donné avec amour.

Avant, je voulais que tout m’arrive pour posséder, Avoir.

Maintenant, je veux intégrer l’impermanence et l’Ici et maintenant pour Donner, du fond de mon coeur, avec tout mon amour.

Je peux vous dire que depuis lors, ma vie n’est que douceurs, bienveillance et respect.

Et si c’était la dernière fois que j’écrivais ici ? Et bien, je vous souhaiterais la paix, l’harmonie, l’équilibre afin de pouvoir puiser l’amour dans la stabilité de votre être.

Publié dans Amour, Dieu, Gratitude, Sens, Spiritualité

J’ai appris à prier en remerciant

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Petite, j’allais le dimanche matin avec ma grand-mère à l’église. Pour ne pas m’y ennuyer, j’y apprenais les rituels et récitais très vite les « Je vous salue Marie » et « Notre Père ». Bien que respectant la démarche sans doute sincère des pratiquants, j’ai très vite abandonné ce qui me semblait être « vide de sens ».

J’ai donc été déconnectée de la prière depuis. Par humilité, je trouvais présomptueux de demander à Dieu de « résoudre nos problèmes et de nous aider ». J’étais gênée de m’agenouiller, de mettre les mains réunies etc.. tout autant de rituels qui me semblaient inadaptés.

J’ai donc repris le chemin spirituel à mon rythme, en lisant énormément de livres à ce sujet et en adoptant peu à peu un travail introspectif qui m’a reconnectée au Divin et à la parole intérieure.

Peu à peu, j’ai développé le besoin de gratitude et me suis habituée à remercier Dieu pour tout, même pour les épreuves qui allaient forcément me grandir.

Cet été, je m’étais donc donnée comme objectif de m’adonner régulièrement à la prière.

Chaque soir, après une séance de yoga, je restais debout et naturellement ouvrais les bras comme pour accueillir l’énergie de l’amour en mon sein.

J’avais aimé la dernière prière trouvée dans les accords toltèques et commençais donc à la réciter à ma façon.

Ma prière est constituée de remerciements : pour la Vie qui me fut donnée, pour tout ce qu’elle m’offre, pour ce corps en bonne santé et cet esprit vaillant. Je remercie Dieu de me montrer le chemin de l’amour dans la connaissance de Soi. Je lui suis ensuite reconnaissante d’envoyer mon énergie d’amour à mon fils afin qu’il trouve la paix, l’équilibre, l’harmonie et sa place en ce monde. J’en fais de même pour certaines personnes de mon entourage qui ont besoin d’aide actuellement, et finis par envoyer mon énergie d’amour à tout être vivant, animaux compris. Puis, je termine en me remémorant la journée et en remerciant pour chaque petite chose vécue. Et me demande alors en quoi puis-je m’améliorer.

Cette prière m’apporte énormément et est en train de compléter mon équilibre durablement. J’y puise la joie, la Vie, l’envie, la foi, le courage.

Je ne pourrais plus m’en passer. Elle me complète.