Publié dans Méditation, Pensées, Ressentis, Sens

Question d’ego

61549482_3164348743578927_8659100552061255680_n  Longtemps, j’ai été convaincue que pour être en phase avec son existence, il fallait être capable de s’estimer mais aussi, paradoxalement, de se délester d’un ego envahissant. Le tout était de trouver le juste équilibre.

J’avais une juste vision des choses, mais le mettre en application était une autre sinécure..

En fait, je commençais toujours par me sous-estimer, me déprécier, en m’entourant notamment de personnes dominantes. Puis, très vite, j’asphyxiais et voulais démontrer mes capacités, ma force, ma « supériorité ».

Je pataugeais donc dans du grand n’importe quoi. Je commençais par être appréciée pour « ma gentillesse et dévotion », puis étais rejetée, considérée comme « folle » certainement car je n’acceptais plus les relations de soumission dans lesquelles je m’engouffrais inévitablement. J’en voulais ensuite à Pierre, Paul, Jacques, sans prendre conscience que j’avais provoqué et créé ces situations.

Comment faire ? Comment réussir à s’aimer tout en étant humble ? Comment réussir à aider et être utile sans s’aliéner ?

Je me suis donc retirée un temps des « normes sociales », à ne plus vraiment les écouter pour éviter le parasitage. Car en fait, notre société occidentale, basée sur le paradigme de la consommation comme condition sine qua non du bonheur, nous éloigne de cette quête. On ne peut pas désirer constamment, vouloir posséder et se trouver Soi. C’est impossible.

Pour être capable d’altruisme, d’humilité, il faut paradoxalement d’abord se découvrir et apprendre à s’aimer. On ne peut pas faire cas d’altruisme réel si on ne ressent pas de réelle compassion. Or, la bienveillance nait du bon traitement que l’on s’octroie et qui devient une norme à établir autour de Soi aussi. De plus, s’estimer, c’est devenir indulgent pour ses erreurs, patient pour ses chemins.

J’ai donc œuvré pour une meilleure estime personnelle. Ce fut un long chemin mais j’y parviens durablement. Et la grande surprise est qu’une fois équilibrée à ce sujet, l’humilité est venue naturellement. Celui qui s’estime véritablement n’a pas besoin de l’approbation des autres, encore moins d’être en compétition. Il Est tout simplement, avec ses compétences, capacités et propres difficultés à dépasser encore. Celui qui s’estime n’attache pas d’importance à tout ce fatras du mental qu’il trouve de plus en plus dérisoire. Oui, c’est cela, il n’y voit pas d’importance. En même temps, il développe une meilleure compréhension des emprisonnements d’autrui et en ressent une réelle compassion.

Au lieu d’être en colère contre des personnes qui agissent engoncées dans leur ego malmené, je ressens désormais de la réelle compassion, car je n’aimerais pas être à leur place.

Ce qui devient important pour moi est l’équilibre, l’équité, l’harmonie. Le partage, l’entraide deviennent quotidiens mais paradoxalement informels et non affectifs. Mon intimité est préservée et je n’y vois là aucune phobie (comme aime la société pointer du doigt à chaque différenciation de « sa norme »), ni peur, ni individualisme. Il s’agit simplement d’un équilibre essentiel, qui me permet d’Etre et d’œuvrer favorablement.

Ce travail sur Soi est constant. L’affectif me joue encore des tours. Mais désormais, j’identifie rapidement les dérapages: si je ressens de la gêne, de l’oppression, du pédalage mental, alors, je suis dans l’erreur. Je vais dans ces cas là me promener dans la Nature et m’adonne à la méditation.

Il est donc important de s’estimer soi avant d’être capable de se débarrasser de son ego. Cela peut sembler paradoxal, mais quand on franchit le premier palier, le second devient évident.

«Nous avons certes à aider ceux qui souffrent dans la mesure où nous le pouvons.
Mais si on ne se retourne pas au dedans de Soi pour faire un chemin personnel,
On ne fera pas grand chose à l’extérieur.
C’est seulement dans la mesure où je me construis que je construis le monde.
Le monde est en moi.
Chaque être humain est unique. Et en même temps, il est toute l’humanité.»
Annick De Souzenelle

 

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Passer mais surtout garder le cap

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Il y a quelques mois, j’ai commencé à réfléchir au passage du cap à la cinquantaine. Mon boss, il y a deux ans, m’avait invitée à ses 40 ans dans sa très belle maison. Il avait mis le paquet, DJ et grosse fête à la Ibiza.

Pour ma part, je voulais un passage qui me ressemble, qui ne soit pas dicté par les diktats ou poussé par les autres. Car une de mes grandes faiblesses que j’ai vraiment améliorée ces dernières années est bien celle de me « laisser avoir par l’influence des autres » dans mes choix. Du moins moralement, car au final, j’ai toujours acté selon mes désirs. Heureusement, j’ai appris à me connaître. Si je suis oppressée, c’est que je prends le mauvais chemin.

Dans les choix à trancher, je me retrouve invariablement dans une dualité certaine. Car ma vie est paradoxalement dichotomique : je suis très sociable, dans mon quotidien, je rencontre et aide une multitude de gens. Je suis reconnue et connue. Je rentre chez moi vers 21h après la dernière balade du chien, et même là, alors que j’ai parlé et partagé toute la journée, je trouve moyen à discuter avec des riverains. Mais par contre, dans ma bulle privée, j’évolue seule, et cela m’apporte énormément de bienfaits. Il ne me viendrait jamais à l’esprit d’appeler une connaissance, d’inviter, de prévoir un resto ciné etc.. en dehors de mon travail. Pendant le Week end, mes interactions sont informelles mais non programmées. J’aime ma solitude autant je suis à l’aise socialement. C’est mon équilibre. Ne pas avoir besoin des autres est pour moi un signe sain d’harmonie avec Soi. Pendant des années, on me faisait sentir que ce penchant du retranchement n’était pas normal, qu’au contraire, en dehors de mon travail, je devrais « vivre » et en « profiter ». Mais j’ai appris à ne plus écouter ce que je considère faux pour ma part. Si j’ai choisi ce métier, c’est pour y vivre des interactions sociales sans que l’affect et l’intime y soient engagés. J’y œuvre favorablement et suis donc loin de « l’individualiste égoiste » que certains doivent apposer à mon profil. J’ai choisi cette solitude intime NON par peur de l’abandon aussi. Mais parce qu’en partageant ma vie avec quelqu’un, les compromis m’empêchent d’être moi véritablement. Et j’en ai besoin pour trouver mon chemin. J’ai été « abandonnée » par mon enfant brutalement et j’étais célibataire depuis longtemps avant cet événement très douloureux.  J’aime mes animaux profondément et je sais que je souffrirais atrocement quand ils partiront. Je n’ai donc pas peur de l’abandon. Mon besoin de solitude intime est bien plus profond que toutes ces analyses psys à ce sujet : il découle d’une volonté de mieux me connaître le temps de ce passage sur terre. Sans cette bulle, je n’y arriverais pas car je suis gentille et influençable (du moins, je l’étais pour la dernière caractéristique, je m’aguerris de plus en plus).

Je voyais donc ce passage de la cinquantaine à mon image : en ermitage. J’avais commencé à prospecter pour un Week end au vert, dans un mazet au creux des gorges du Verdon. Puis, je me suis dit que mon environnement était déjà largement propice à la rêverie solitaire (voir la photo) et que je devais apprendre à apprécier ce que Dieu m’offrait, autour de moi.

J’ai quand même accepté de partager ce cap avec ma famille et je m’en vais donc en Bretagne la semaine prochaine pour quelques jours. Je ne le regrette pas car malgré nos différences et différends, il m’est important de respecter mes proches en leur offrant mon amour autant faire se peut.

Par contre, il y a un mois, j’ai commencé à me faire gentiment bousculer au boulot « Comment çà tu ne veux rien faire pour tes 50 ans ?!!!!! Mais çà se fête enfin !!! » Je me suis donc légèrement laissée avoir. J’ai alors invité un noyau de collègues-amis, dont mon boss, pour un apéro dinatoire. Mais voilà : ce fut la croix et la bannière pour contenter ce petit monde sur la date.

Hier, c’était donc mes 50 ans. J’ai supporté les « Joyeux anniversaire » toute la journée et cela m’a créé une tension énorme. D’autant que la grande majorité me posait des questions sur « mon petit » en pinçant les lèvres lorsque je leur apprenais que je n’avais pas énormément de nouvelles. La tension a monté et je me suis sentie très mal intérieurement en fin de journée. Puis, avant de rentrer chez moi, j’appris que deux invités à ma soirée d’anni, programmée à la fin du mois à force d’être repoussée, ne pouvaient pas venir. Cela faisait juste 4 fois que j’essayais de la caler pour convenir à tous. Alors, j’ai dit que j’arrêtais les frais et ne faisais plus de soirée. Sans aucune animosité. Et à ce moment là, je me suis rappelée qu’à la base, je ne voulais pas d’interaction sociale programmée pour ce passage, ni de champagne, ni de petits fours. Quant à la pression sur ma relation avec mon fils, je dégoupillais tout ce trop plein affectif qui commençait à me faire très mal à force d’y répondre. En effet, mon fils en est au début de son chemin personnel, de sa quête identitaire, et mes « 50 ans » ne vont rien changer à son besoin de couper le cordon ombilical. Finalement, au regard de tous les stéréotypes balancés ici et là, je me suis dit que les humains regardaient trop la TV et les séries américaines. La vie est différente, elle se construit patiemment, au fil des expériences. Il n’y a pas de mélo au ralenti.

Le fait de m’être émancipée du regard et du poids des autres en fin de journée m’a fait l’effet d’une soupape libérée. Je pourrais m’en vouloir de m’être « laissée avoir » une fois de plus, mais je reste indulgente envers moi-même. Se construire en parfaite harmonie avec Soi demande du temps. Je suis au final bien aise de ne plus avoir ce poids de l’invitation. Quant à mes « amis », je partagerais avec eux d’autres moments informels de joie.

Alors, malgré la grande charge émotionnelle vécue comme une chape de plomb, j’ai réussi à m’en délester assez rapidement.

J’en suis donc fière. Je garde le cap. Malgré les bourrasques et les tornades (bizarrement, hier, il y avait un sirocco violent qui s’est calmé une fois ma chape de plomb mentale délestée…).

Aujourd’hui, j’ai 50 ans et un jour. C’est bon de se retrouver et d’avoir passé le cap comme bon nombre de navigateurs de la vie avant moi.

«J’aime la simplicité qui s’accompagne avec l’humilité. J’aime les gens qui savent sentir le vent sur leurs propres peaux, sentir les arômes des choses, en capturer l’âme. Ceux qui ont la chair en contact avec la chair du monde. Car là il y a la vérité, là il y a la douceur, là il y a la sensibilité, là il y a encore l’amour.»
Alda Merini

Publié dans Nature, Santé, Sens

L’urgence est à une vie saine

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« Aux urgences nous sommes passés en 10 ans de 10 millions de patients à 22 millions et dans le même temps entre 2014 et 2018 35000 suppressions d’emplois dans le service public hospitalier et 15000 cette année ! Si on crève aux urgences c’est faute de moyens !  » dit un politique. Certes.. Il a raison. Mais moi, en lisant ces propos, j’ai été effarée que personne ne s’interpelle sur les 22 M de personnes fréquentant les urgences ! çà fait l’effet d’une population qui s’autodétruit pour ma part. Recrudescence des maladies qu’il faut soigner ou prévenir par une vie plus saine, moins polluée ? Je crois que l’urgence est à la baisse de fréquentation des gens dans les hôpitaux surtout. Sinon, on crée des villes pour malades et on laisse quelques villages aux autres à ce rythme là !!

Voilà plus de 5 ans que je n’ai pas vu de médecin généraliste. Je me contente de visites de contrôles chez des spécialistes tels le gynécologue, le dermatologue et le dentiste. Je suis donc orientée sur l’axe préventif et non curatif.

J’ai éradiqué maux physiques et mentaux (j’étais quand même bien Borderline avant).

Je mange sainement, n’utilise plus de chimie dans mes produits quotidiens, marche deux heures par jour, médite. Tout simplement. Et important : je m’y tiens, je n’y déroge pas « pour faire comme les autres ».

Ce qui est effrayant dans ce qui se passe aujourd’hui est cette banalisation du besoin médical et de la prise médicamenteuse, comme si l’homme ne pourrait pas vivre sans. C’est l’inverse qui devrait être de mise, prévenir devrait être la norme, et le besoin médical, un « échec » d’une certaine manière.

Je reste humble face à ma condition de mortelle et accepte les aléas qui peuvent surgir.

Mais revenir à une vie plus saine a TOUT modifié dans mon existence. Dans la régularité, la frugalité, l’humilité et la joie.

Je l’ai fait. Même en vivant en ville, je le précise. Je vais de ce pas me balader dans une petite forêt pas loin. Si la Nature n’est pas à vos pieds, rejoignez-la chaque jour autant faire se peut. Que chacun retrouve le bon chemin. C’est tellement plus jouissif et paisible.

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Publié dans Amour, Dieu, Pensées, Spiritualité

Il y a dix ans

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( J’ai choisi cette photo pour illustrer cet article car elle me représente bien aujourd’hui : engagée auprès de jeunes de cité, mais tournée vers un autre monde dans l’action.. Je suis celle qui voit la vie en rose 🙂

Il y a dix ans, je célébrais mes 40 ans à Paris,  mes parents avaient décidé et programmé les « festivités » que je subissais, tel un automate. Je n’étais franchement pas au top de ma forme, je sentais que tout se délitait, s’émiettait, s’effondrait : l’homme dont j’étais « folle » (c’est le terme adéquat) ne me regardait déjà plus même si je m’y accrochais encore, mon enfant était si mal dans sa peau qu’il envisageait de partir vivre avec son père. Je ne supportais plus mon travail, je suffoquais en pleine ville…

Le fond allait bientôt être touché..

Quand je perdis effectivement toutes mes bases affectives, j’amorçais alors très péniblement un virage : j’abandonnais peu à peu toutes mes prisons matérielles (voiture etc..), adoptais des animaux, démissionnais, changeais ma façon de vivre, et prenais le chemin de la spiritualité, peu à peu.

Ce fut une décennie très très dure au début, mais à force de batailler en rappel, les habitudes se prirent, la force mentale et physique aussi, les certitudes, l’autonomie se fortifièrent.

Vendredi, je vais passer le cap du demi-siècle avec une immense sérénité. Non pas parce que j’ai trouvé « ma moitié », l’argent, et que mon fils fait maths sup.

Non, rien de tout çà, au contraire 🙂

Je suis grandement sereine car je me suis trouvée. J’ai trouvé le divin en moi, en toute humilité car ce divin est une infinitésimale parcelle de Dieu mais qui reste néanmoins ma clé de sésame pour une autre vision de l’existence à mener ici bas.

Peu à peu, à force d’introspections et de méditations, l’ego s’estompe. Je m’attelle à suivre un chemin éthique autant faire se peut. Je n’envisage que de construire l’amour autour de moi, sans rien posséder ni envier. Je m’épanouis pleinement dans la sobriété et la simplicité. Je ne me sens jamais seule, ni nostalgique. Je  suis encore bardée d’imperfections mais suis heureuse d’avoir l’opportunité d’y réfléchir et de m’améliorer.

Je suis ancrée dans la réalité et ai accepté ma « mission et ma place en ce monde ».

Je respecte chacun tout en n’ayant aucune gêne ni doute quant à ce que je suis. Je ne déroge pas à mes nombreuses conduites éthiques, mais ne juge pas pour autant. Mes contrariétés, mes jugements se transforment peu à peu en réelle empathie et compassion pour les autres, ceux qui souffrent de l’ignorance et du conditionnement.

Je suis ravie de pouvoir encore donner de l’amour, m’améliorer, me cultiver.

Ma santé physique et mentale est florissante et puissante. Je sens comme un vent vivifiant au creux de mes entrailles.

Je ne subis plus rien, je le vis ou m’en écarte.

J’ouvre mes oreilles et mon cœur.

Je m’efforce à la compréhension de l’autre, à ce qu’il vit et  aspire.

Ma sociabilité est grande, mes projets ont le vent en poupe, et mon intimité préservée, équilibrée et paisible au possible.

Alors, dans ce schéma transcendantal, je ne ressentais plus le besoin d’écrire.

Et puis, hier, un petit garçon de 8 ans que je suis à l’association m’a appelée à 20H pour me demander ce que je voulais pour mon anniversaire. Puis il a rajouté : « Tu aimes les diamants ? » Sa maman, certainement liquéfiée, a vite pris le téléphone pour rajouter « il t’aime beaucoup ». Je m’en serais doutée, je l’avais pris comme un « Je t’aime » tonitruant 🙂

Puisque je suis dégagée de toute dépendance matérielle, j’ai pris cet évènement à un niveau spirituel :

Car aujourd’hui, je ne crains plus le regard d’autrui, les mauvaises interprétations, les moqueries. Tout ce qui m’importe ici bas est d’expérimenter l’amour tel Que Dieu le conçoit : inconditionnellement.

Et plus je le partagerais, plus grand sera son rayonnement. Ici et ailleurs.